La Presqu’île, Patrimoine mondial de l’UNESCO

Clap de fin pour notre série sur les quartiers UNESCO de Lyon. Voici donc la Presqu’île !

La Presqu’île occupe l’espace situé entre le fleuve Rhône et la rivière Saône. Marquée par différentes époques, elle est aujourd’hui au cœur de la ville, avec des lieux emblématiques, comme la place Bellecour.

Un peu d’histoire :

L’histoire que partagent les Hommes avec la Presqu’île est très révélatrice de l’entêtement humain à vouloir approvisionner un territoire, à dominer la nature.

La Presqu’île UNESCO aujourd’hui :

Commençons par une précision géographique de taille. La Presqu’île n’est pas, dans sa totalité, incluse dans le secteur UNESCO. Seule sa partie nord : entre Perrache et les Terreaux est inscrite. Cet espace est, en effet, très marqué par l’architecture des XVIIIe et XIXe siècles. Le quartier Confluence, donc la pointe sud de la Presqu’île actuelle, se trouve, par conséquent, hors du périmètre UNESCO.

Une presqu’île, un confluent en mouvement :

Si la place des Terreaux et la colline de la Croix Rousse ont toujours été la limite nord de la presqu’île, la limite sud a fortement évolué dans le temps. A la fin du V° siècle avant notre ère, la Presqu’île actuelle n’est qu’un ensemble de petites îles, s’étirant à peine plus loin que le bas du plateau de la Croix Rousse.

L’histoire de la Presqu’Ile démarre avec le bourg celtique de « Condate » au bas des pentes de la Croix Rousse. Condate était un bourg artisanal. Il vivait du commerce avec d’autres régions et d’autres pays grâce à la navigation sur la Saône et le Rhône. Le confluent se trouvait alors au pied des pentes de la Croix Rousse.

Petit à petit, l’espace entre les îles va se combler, formant des îles plus vastes. Des ponts apparaissent.

LUGDUNUM LYON
©Jean Claude Golvin

L’occupation humaine de l’Antiquité à la Renaissance :

C’est alors que commence l’histoire antique d’une île appelée « Canabae ».

Les Canabae

Cette île correspond à l’actuelle partie centrale de la Presqu’île : de la Bourse à la place Bellecour. Les fouilles archéologiques qui y ont été réalisées témoignent d’une occupation continue et dense de cet espace pendant les I° et II° siècles de notre ère, tandis que Lyon, alias Lugdunum, était capitale des Trois Gaules.

Ainsi, Lugdunum se divisait donc en 3 quartiers majeurs, chacun avec un rôle spécifique :

Rapidement, l’île attira les négociants de vins qui y installèrent leurs villas.

Le Moyen-âge

Puis vint le Moyen-âge. La chute de l’Empire romain fut particulièrement défavorable pour l’île des Canabae. L’île se retrouva alors confrontée à une désertification et à de nombreux ravages : les Huns, la crue de 580, les Sarrasins, etc.

Mais au IX° siècle, l’évêque de Lyon décide tout de même d’implanter, à l’extrémité sud de cette île, devenue alors presqu’île, une abbaye : l’abbaye d’Ainay qui va grandement prospérer et s’étendre dans les régions alentours, devenant l’une des abbayes les plus puissantes du Moyen-âge.

En dépit de cette puissance, le sud de la Presqu’île reste délaissé.

©Jean Claude Golvin

Le nord de la Presqu’île, quant à lui, se redynamise à partir du XI° siècle. La reconstruction du pont qui relie la Presqu’île nord au quartier du Vieux Lyon aide en cela. On assiste alors aux développements des marchands, des artisans et de l’habitat sur la rue Mercière et autour de l’église Saint-Nizier.

La Renaissance

A partir du XV° siècle et pendant la Renaissance, grâce aux foires lyonnaises, Lyon prend une ampleur européenne. Les Italiens sont alors de plus en plus nombreux à s’installer dans la cité lyonnaise.

Lyon attire ainsi bon nombre d’intellectuels, et également un certain Barthélémy Buyer. En 1473, il implante l’imprimerie à Lyon, sur la Presqu’île. Trente ans plus tard, la ville comptera 50 imprimeries.

Ainsi, la Presqu’île va parvenir peu à peu à s’imposer comme le nouveau centre de la ville.

Le bouleversement du XIXème siècle :

Le XIX° est un siècle de grands bouleversements pour la Presqu’île lyonnaise.

Le Confluent qui se trouvait jusque-là à l’abbaye d’Ainay est repoussée de trois kilomètres plus au sud sur les plans de l’ingénieur Antoine-Michel Perrache, dont le projet ne sera toutefois pas réalisé dans sa totalité.

De Bellecour aux Terreaux, la Presqu’île connaît également un grand chamboulement. Symboles de l’essor et de l’esprit de cette époque, les grands travaux sont réalisés par les Préfets Haussmann à Paris et Vaïsse à Lyon, dont l’exemple sera repris par d’autres villes françaises et européennes. A partir de 1853, le préfet Claude-Marius Vaïsse lancent les grands travaux de la Presqu’île lyonnaise dans un programme de transformation urbaine issu de la politique menée par Napoléon III. Les objectifs principaux :

  • assurer la prospérité de Lyon
  • démolir non seulement pour assainir, mais aussi pour permettre à la cavalerie de combattre plus efficacement les insurrections populaires.

Le réseau de rues tortueuses est donc voué à être remplacé par de larges et belles voies de circulation, notamment deux grandes artères : la rue Impériale (aujourd’hui rue de la République) et la rue de l’Impératrice (rue Edouard Herriot). Les immeubles du XIX° siècle révèlent l’opulence de la bourgeoisie lyonnaise.

La reconquête du XXIème siècle :

Aujourd’hui, la Presqu’île est confrontée à 2 grands enjeux :

  • Revégétaliser le nord de la Presqu’île
  • Redynamiser le sud c’est-à-dire le quartier Confluence

Si le deuxième est en bonne voie depuis plusieurs années et verra la réalisation d’un quartier urbain végétalisé et dépourvu de l’autoroute A7 (déjà déclassé en Métropolitaine M7), le premier enjeu est actuellement une source de conflit entre les habitants et la municipalité.

Nos enquêtes:

Au cours d’un Team Building, notre Speed Quest « Cœur de Presqu’île » vous permettra de partir à la conquête d’un mystérieux code depuis la place Bellecour jusqu’au Grand Hôtel Dieu

Notre Murder Party niveau joueur confirmé « Aube de Soie » qui débute au nord de la Presqu’île par la Place des Terreaux et la Fresque des Lyonnais.

Nous vous conseillons :