Zoom sur: les thermes de Lugdunum : une découverte insolite !

Un Trésor caché

Ah la belle ville de Lyon, ses collines, ses fleuves, sa basilique, sa cathédrale, sa gastronomie, ses quartiers historiques… Lyon est sans aucun doute une ville où il fait bon flâner et (re)découvrir son patrimoine.

Mais ce patrimoine a souvent tendance à jouer à cache-cache… Au hasard d’une ruelle, se dévoile les maisons les plus anciennes de la cité. Au hasard de travaux, se découvre des épaves antiques. Et à l’arrière d’une école, se dissimulent les anciens thermes gallo-romains ! Lyon sait nous surprendre !

C’est donc tout naturellement que Lyon Secret Défense s’est intéressée à ces thermes !! Nous allons vous raconter leur histoire…

Une origine romaine

Lyon… enfin Lugdunum – est une colonie romaine fondée au cours du Ier siècle avant notre ère. Favorisée par les empereurs, cette petite colonie connaît un très rapide essor jusqu’à devenir la capitale des Trois Gaules. Les édifices typiques du monde romain sont alors légion : amphithéâtre, cirque, théâtre, forum, temples, aqueducs, sans oublier les thermes. Les Romains y passaient une part importante des heures quotidiennes. Consacrés à l’hygiène, les thermes sont aussi des lieux de sport et de convivialité, voire de négoce. On fait affaire aux bains !

Découverte d’un nouveau quartier

Entre 1908 et 1912, des vestiges sont repérés et fouillés par l’archéologue Rogatien le Nail.  Entre  1974 et 1980, lors de la démolition de tout un côté de la rue des Farges,  dans le but de construire un site immobilier, un quartier antique étagé d’est en ouest fut mis au jour.

Description générale du site

Le quartier était desservi par deux rues nord-sud. Celle située à l’ouest se prolongeait dans le parc archéologique de Fourvière situé à quelques centaines de mètres.

Les bâtiments étaient répartis  sur trois terrasses créées par les murs de soutènement.  On peut voir, dans la salle XV du Musée Gallo-romain, la maquette du quartier reconstitué.

 Seules les deux terrasses inférieures sont visibles aujourd’hui.

La terrasse supérieure  comportait de riches maisons,  avec boutiques et entrepôts.  La plus importante est sans doute la grande domus à péristyle dite « maison aux masques », qui a été construite vers les années 30-40, sur les fondations d’une maison datant des débuts de la colonie.  Cette maison « aux masques »  disposait de 14 pièces, portant encore des traces de peinture murale.  Elle comportait quatre boutiques qui s’ouvraient sur la rue.

Dans la terrasse moyenne fut découverte la maison aux chars. Son nom viendrait du fait de la découverte de pièces métalliques d’une charrette.

La terrasse inférieure  était bordée de boutiques adossées à un portique qui semble s’ouvrir sur la palestre des thermes, c’est-à-dire l’espace pour la pratique sportive.  

Les thermes publics – 50 ap.J.-C.

De ces  thermes  construits en 50 après J.-C., n’a été dégagée que la partie sud. Le prolongement est enfoui sous le Lycée Jean-Moulin.  La façade sud donnait sur le palestre et par son côté est,  il jouxtait la place qui précède  l’Odéon.  Cet important édifice s’étendait sur 3.500 m² et était sans doute alimenté par l’aqueduc de l’Yzeron (en savoir + sur les aqueducs).

Un premier bâtiment fut bâti sous le règne de Claude ou de Néron, probablement au Ier  siècle, et agrandi au début du IIème siècle.

Structure générale

Les thermes sont constitués d’un bâtiment central rectangulaire de 75 m sur 55 m, encadré de deux ailes, également rectangulaires et se terminant par une abside au sud. Ses dimensions en font l’un des plus grands établissement thermaux de Gaule et sans doute le plus important de Lyon (qui en possédait plusieurs).

Toute cette construction, en grande partie disparus, est construite sur un ensemble de 8 salles souterraines voûtées, s’étalant du nord au sud. Les deux premières salles sont les mieux conservées.

Dans la partie explorée, côté sud, on ne trouve que des salles chaudes comme l’indique les restes d’hypocauste (système de chauffage de l’époque)  dont les briques  portaient la signature CLARIANUS ou CCCAL (Colonia Copia Claudia Augusta). Ceci  semble confirmer que  cet édifice date bien du Ier siècle. D’autre part, cette disposition semble logique : les salles chaudes au sud et les salles froides au nord.

Vu l’importance des vestiges découverts, une partie fut restaurée et la municipalité racheta du terrain pour y créer un jardin archéologique. Les thermes et une partie de la palestre sont encore visibles alors que les vestiges restants ont été ré-enfouis et aménagés en espace verts. On accède en ce lieu par un passage sous les arcades de la résidence construite sur le site, au 6, rue des Farges.

Partez En Quête de Lugdunum

Retrouvez l’extraordinaire histoire de Lugdunum et aiguisez vos sens d’archéologue en participant à notre Game of Code « En quête de Lugdunum ».

Cette enquête vous entraînera dans les ruines de l’antique cité lyonnaise afin de décrypter un mystérieux code… À partager sans modération en famille ou entre ami(e)s.

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