|ZOOM SUR Ainay|

abbaye ainay lyon

Cachée sur la presqu'île de Lyon, se trouve une ancienne église abbatiale, presque oubliée: Ainay. ZOOM SUR cette puissante abbaye, tombée dans l'oubli...

Venez enquêter au coeur de la Presqu’île pour découvrir l’abbaye d’Ainay, en famille, entre ami.e.s pour un EVJF/EVG ou entre collègues pour un team building.  

Comment se rendre à Ainay?

Débutons par un repère géographique. L’abbaye d’Ainay se situe entre le Rhône et la Saône sur la Presqu’île de Lyon. Pour découvrir ses vestiges encore en élévation, commencez par vous rendre place Bellecour et partez vers le sud sur la rue Victor Hugo. Descendez jusqu’à la place Ampère. Là, prenez sur votre droite, en direction de la Saône, sur la rue Bourgelat. Empruntez là jusqu’à prendre sur votre droite, la rue de l’abbaye d’Ainay. Vous êtes arrivés!

abbaye ainay

Une abbaye au coeur de la ville?

Si aujourd’hui l’abbaye d’Ainay se retrouve en plein coeur de la Presqu’île, il n’en est rien lors de sa fondation. Au contraire, l’abbaye va longtemps demeurer seule, isolée au confluent du Rhône et de la Saône, comme vous pouvez le voir ci-dessous, sur cette reproduction de Golvin.

presqu'île unesco

Une origine pas si certaine…

Si vous cherchez dans d’anciens ouvrages ou sur des sites internet, très souvent, vous trouverez l’information suivante: l’abbaye d’Ainay aurait été fondée au V° siècle, donc au cours du Haut Moyen-âge. Cette hypothèse était, en effet, basée sur les écrits de Grégoire de Tours. Mais le texte est imprécis. 

Mais alors que savons-nous ? Grâce à la découverte de mosaïques sous l’ancien monastère, nous savons qu’au cours de l’époque antique, ce lieu abritait une riche demeure. D’autre part, en 1830, des sarcophages mérovingiens ont été découverts sous l’ancien cloître. Cela laisse donc à penser qu’un premier édifice existait à l’époque mérovingienne entre la fin du V° siècle et le VIII° siècle. Ainsi, bien qu’imprécis, le texte de Grégoire de Tours ne semble pas totalement erroné. Mais s’agissait-il d’un premier édifice de l’abbaye? Ou d’un autre édifice religieux? Difficile de le dire.

Ce qui est sûr, en revanche, c’est qu’en 859, un document écrit du roi Charles  de Provence mentionne l’existence du monastère royal d’Ainay. Par ce document, Charles de Provence approuve, en effet, la fondation d’un monastère à Cessieu par Aurélien, abbé du monastère royal d’Ainay. Le monastère royal a donc forcément été fondé avant, à une date qui reste à définir.

D’autre part, le document de Charles de Provence mentionne qu’Ainay est alors en ruine. Peu après, ce monastère royal est élevé au rang d’abbaye dédiée à Saint-Martin et restauré. Les bâtiments monastiques d’Ainay seront d’ailleurs régulièrement réaménagés au fil des siècles.

Laissez vous conter Ainay

A présent, zoomons sur les grands moments de l’histoire de l’abbaye d’Ainay:

  • en 1100, l’Archevêque de Cantorbéry, forcé à l’exil par le roi d’Angleterre, séjourne à Ainay. C’est d’ailleurs sous son influence que les moines d’Ainay consacreront un autel à la Vierge Marie, premier signe connu du culte marial lyonnais.
  • du XII° au XV° siècle, l’abbaye connaît une prospérité remarquable et un rayonnement sans précédent
  • au XIII° siècle, le Pape Innocent IV réunit le premier concile de Lyon dans le but d’excommunier l’empereur Frédéric II.  A cette occasion il reconnaît l’abbaye d’Ainay qui possède alors, 169 églises ou prieurés (monastères dépendant d’une abbaye) et qui devient l’une des plus puissantes de France.
  • en 1600, à l’occasion de son mariage avec Marie de Médicis,  Henri IV séjourne à l’abbaye, mais le mariage sera célébré en la cathédrale de Lyon.
  • pendant les Guerres de Religion, en 1562, la prise de Lyon par le Baron des Adrets est catastrophique pour l’abbaye d’Ainay: les bâtiments sont fortement endommagés et les archives quasi entièrement détruites. Cet événement marque la fin de l’apogée et du rayonnement de l’abbaye d’Ainay. 
  • au fur et à mesure des siècles suivants, les moines vendent petit à petit les terres autour de l’église afin de survivre. L’église abbatiale devient église paroissiale. 
  • Lorsque Mérimée devient Inspecteur des Monuments Historiques, il fait classer l’église d’Ainay au Répertoire des Monuments Historiques.
  • L’église a été élevée au rang de basilique mineure le 13 juin 1905 par le Pape Pie X.

Aujourd’hui, les archives nous font donc massivement défaut pour bien connaître l’histoire de l’une des plus puissantes abbayes médiévales de France. Toutefois une étude archéologique du bâti a été réalisée de juin 2005 à septembre 2006 à l’occasion de la restauration de la basilique.

abbaye ainay
Reconstitution de R. Le Nail, avant les destructions
ainay confluent

L’architecture d’Ainay

Venons en à présent à ce que nous pouvons encore voir de l’abbaye d’Ainay et son architecture. Aujourd’hui, vous pourrez surtout admirer l’église abbatiale. De plus, c’est aussi la seule église romane du XIe siècle encore présente à Lyon. 

Du reste des bâtiments monastiques dont le plan a été restitué ci-dessous par R. Le Nail, il ne demeure presque rien.

plan ainay

Concentrons-nous donc sur  l’église. Elle mesure 37 mètres de long pour 17 mètres de large. 

clocher-porche abbaye ainay

Le Clocher Porche

Le premier élément, frappant, est le clocher-porche. Il est daté de la fin du XII° siècle. Les blocs de calcaire proviennent des anciens monuments romains de Lugdunum

Les arcs en plein cintre et l’usage de la polychromie rouge témoignent de l’appartenance de ce clocher-porche au style roman, tout comme la manécanterie. D’autre part, les étages sont marqués par des corniches sculptées associées à des frises de terres cuites rouges en forme de losange comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous.

abbaye ainay

Le chevet

N’hésitez pas à vous rendre rue Adélaïde Perrin pour admirer le chevet roman de l’église. Il date du XII° siècle. Vous constaterez également qu’il est parfaitement harmonisé avec le clocher-porche: on retrouve notamment les losanges polychromes. 

Enfin, le chevet est surmonté par une tour-lanterne, appuyée sur un transept court.

chevet abbaye ainay

Poussons les portes d’Ainay

Prenez le temps de pousser les portes de l’ancienne église abbatiale. Vous découvrirez une église de style roman. Mais de style ne veut pas dire d’époque romane. En effet, au XIX° siècle, l’église était en piteux état. Alors projet fut fait et confié aux architectes Pollet et Questel de la rénover dans le style roman. Au grand dam de Mérimée.

Ainsi, la nef fut voûtée en brique et peinte. Les murs latéraux quant à eux furent rehaussés pour pouvoir rajouter des fenêtres notamment.  Sans fouilles préalables, les derniers vestiges du cloître furent détruits pour installer une longue chapelle, au nord.

intérieur abbaye ainay
intérieur abbaye ainay

D’autre part, vous pourrez aussi admirer les chapiteaux nord et sud vers le choeur. Feuilles d’acanthe, pseudo palmiers, végétaux, animaux, têtes humaines, chevaliers, saints, serpents, adam et eve, ou volutes raviront vos yeux !

chapiteau abbaye ainay
chapiteau abbaye ainay

Venons en à présent au choeur surmonté de sa coupole. Elle est soutenue par quatre colonnes qui sont en fait le fruit d’une récupération de l’Autel de Rome et d’Auguste  provenant des pentes de la Croix-Rousse, en syénite égyptienne, granit à fond rouge. 

coupole abbaye ainay

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