|ZOOM SUR: la Gare de Perrache|

Gare emblématique de Lyon, la gare de Perrache a longtemps représenté une barrière entre la Presqu'île et le quartier au-delà des voûtes. Zoom sur une gare iconique en plein renouvellement...

La gare de Perrache marque aujourd’hui la frontière nord du quartier Perrache/Confluence. L’évolution de l’urbanisme de ce quartier au XIX° siècle va être étroitement liée à l’implantation du chemin de fer dans la ville.

Création de la gare

Plusieurs projets de traversée de la presqu´île lyonnaise par le chemin de fer sont proposés entre 1847 et 1851. Mais tous perturbent profondément le paysage urbain. 

Le 11 mars 1851, le conseil municipal tranche pour la construction d’une gare parallèle au cours du Midi et cède les terrains nécessaires à la Compagnie des chemins de fer. Le 1er juin 1853, la ville vend plus de 300.000 m² de terrains à la Compagnie pour la construction de la gare. On distingue désormais Perrache 1 (gare de voyageurs), et Perrache 2 (gare de triage et de marchandises).

Les travaux commencent en avril 1855 et durent 18 mois. Le 11 avril 1857, à l’incitation de Napoléon III, les Compagnies de Paris à Lyon, de Lyon-Méditerranée et du Bourbonnais fusionnent dans la Compagnie Paris-Lyon-Méditerranée et la nouvelle gare de Perrache est inaugurée le 1er juin 1857.

La presqu´île Perrache est désormais coupée du reste de la ville par la voie ferrée qui se franchit par trois tunnels passant sous la gare: les voûtes!  Le quartier est alors dénommé par ses habitants « Derrière les voûtes ».

Architecture de la Gare

L’architecte

François-Alexis Cendrier (1803-1893), architecte de la Compagnie du chemin de fer d’Orléans, puis du chemin de fer de Paris à Lyon, établit les plans de la gare de Lyon-Perrache, construite sur un talus de 6m de hauteur visible sur la représentation ci-dessous. Le baron Raverat (écrivain) décrit la gare de Perrache à sa construction : « De toutes les gares de France, celle de Perrache est des plus belles, elle est monumentale. Sa position entre les deux fleuves qui embellissent Lyon, à l´extrémité de deux vastes places transformées en promenades, divisées par des squares et des bassins d´eau jaillissante, au pied des verdoyants coteaux de Saint-Just et de Sainte-Foy, contribue pour beaucoup à lui valoir cet avantage … On accède sur le terre-plein par deux montées d´escaliers et par deux rampes, dont la pente est atténuée par de gracieux contours. Des grilles en fer et des jardinets leur font un cadre charmant. »

François-Alexis Cendrier a déjà édifié la première gare de Lyon à Paris, la gare de Dijon, de Macon, de Melun, de Sens et de Fontainebleau. Pour les gares secondaires, il a mis au point un modèle de bâtiments voyageurs dont le dessin est identique, mais dont les dimensions varient en fonction de l’importance de la ville. Pour la construction des gares de chemin de fer de Paris à Lyon, Alexis Cendrier est assisté de l’ingénieur Adolphe Julien, ingénieur en chef, directeur de la division Paris à Lyon. 

Les Voûtes

La différence de niveau entre les voies du chemin de fer et la voirie nécessitent la construction de voûtes. Elles sont constituées de 3 arches de 8.50 m de largeur sur 5 m de hauteur et se développent sur 120 m de longueur ; elles font communiquer le cours de Verdun (côté presqu’île nord) et le cours Charlemagne (côté Confluence) . A l’origine, les murs séparant les 3 voûtes étaient percés d’arcades permettant une circulation transversale de l’une à l’autre.

La halle métallique

La halle de 1856 est composée de fermes métalliques utilisant la technique mise au point en 1837 par l’ingénieur Camille Polonceau (1813-1859). Avec 210 m de longueur, 20 m de hauteur et 35 m de portée, elle fait preuve d’une grande prouesse car en 1857, c’est la plus longue portée réalisée en Polonceau.  Les colonnes et corbeaux sont en fonte. 

Conséquences sur le quartier

L´implantation de la gare entraîne de grandes transformations dans le quartier : hôtels, brasseries et immeubles s´élèvent au sud et au nord des voies, tandis que la partie la plus au sud de la presqu´île confirme son caractère industriel par l’implantation d’entrepôts et d’usines.

Le XXI° siècle: Ouvrons Perrache!

Depuis 2013, la municipalité de Lyon a lancé le projet: « Ouvrons Perrache ». En effet, la gare souffrait de plus en plus de vétusté et se révélait inadaptée à la vie moderne, sans compter que la multiplication des bâtiments autour de la gare la rende de plus en plus difficile d’accès.

En trois mots, le projet pourrait se résumer à : détruire, aérer et réhabiliter. La transformation du Pôle d’Echanges Multimodal (PEM) Perrache qui englobe donc la gare a commencé sa transformation en 2017 avec les premiers travaux au sud de la gare de Perrache. Objectifs : faciliter la liaison nord-sud et offrir plus de confort aux usagers, piétons et cyclistes. 

La première phase de ce grand projet a déjà des impacts concrets au sud de la gare:

  • réaménagement du pavillon voyageurs au sud de la gare de Perrache,
  • destruction du « goldorak », c’est-à-dire des anciens escalators sans cesse en panne
  • réaménagement de la voûte ouest entre la place Carnot et la place des Archives,
  • prolongement du tram T2,
  • réaménagement de la partie nord ouest de la place Carnot au débouché de la voûte 
  • réaménagement de la place des Archives et de la station du tramway du même nom. 

UNE NOUVELLE ENTRÉE POUR LA GARE

Historiquement conçue pour s’ouvrir vers le nord, la gare de Perrache inaugurée en 1857 ne regardait pas au sud. Peu à peu, avec le développement de La Confluence, elle s’est tournée vers le sud sans qu’aucun accès de plain-pied ne soit créé. Seuls des escalators vieillissants ont été installés au XXème siècle défigurant encore plus le paysage.

En 2018, la rénovation et mise aux normes PMR des quais de la gare a été fait avec la création du passage Rhône. Aujourd’hui, c’est toute la façade sud de la gare de Perrache qui se transforme sous la maîtrise d’ouvrage de SNCF Mobilités Gares & Connexions et SCNF Réseau pour une meilleure accessibilité de tous avec :

  • la construction d’un nouveau pavillon voyageurs offrant aux usagers de la gare tous les services utiles à leurs voyages et aux usagers du quartier un nouveau restaurant avec terrasses sur la place des Archives, 
  • la suppression des escalators et l’aménagement d’une rampe d’accès à la gare utilisable par les Personnes à Mobilité Réduite (PMR),
  • un accès direct aux voies depuis la place des Archives et le parking des Archives.

UNE VOÛTE OUEST SANS VOITURE 

La voûte ouest désigne le passage souterrain qui reliait hier la place des Archives au sud à la place Carnot au nord. Longue de 300 m et utilisée par les voitures, les piétons et cyclistes l’empruntaient peu. Cette voûte, fermée depuis le 2 juillet 2018, a été entièrement réaménagée et ouverte aux transports doux en 2021 après 3 ans de travaux.

De plus, le lieu se veut esthétique avec une lumière naturelle grâce un passage à ciel ouvert à mi-parcours. Des fresques représentant les plus célèbres monuments de la ville, comme l’Opéra, la gare des Brotteaux, le tour du Crayon, ont été peints sur les arches.

@WilliamPham

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