|ZOOM SUR: le 8 Décembre|

Lyon, à l'international, est mondialement réputée pour sa gastronomie mais aussi pour sa Fête des Lumières le 8 décembre. Zoom sur l'histoire d'une célébration unique...

La Colline qui Prie

Depuis bien longtemps, Fourvière est surnommée « la Colline qui Prie » (en opposition à la Croix Rousse, surnommée « la Colline qui Travaille »). A partir du V° siècle, on élève des basiliques un peu partout sur la colline de Fourvière : Saint-Laurent à la Quarantaine, Saint-Just rue des Macchabées. Au cours du Moyen-âge, nombre de monastères s’installent aussi sur la colline.

Il semble que l’emplacement actuel de la Basilique soit occupé dès 1168. L’un des chanoines de la cathédrale Sant-Jean, Olivier de Chavannes, aurait alors fait élever  une chapelle au sommet de la colline et il l’aurait dédicacée à la Vierge Marie. La chapelle dédiée à Marie subit en 1562 les affres des Guerres de Religion,  notamment suite au passage du Baron des Adrets à Lyon. Elle est ensuite reconstruite.

Histoire d’une statue

En 1830, le clocher de cette chapelle est démoli car en trop mauvais état. Il est alors décidé de le reconstruire et de le surmonter d’une vierge monumentale. Un concours entre 6 sculpteurs est organisé, avec un jury très favorable à Joseph-Hugues Fabsich (1812-1886). Il remporte la commande devant 2 prix de Rome d’origine lyonnaise, Guillaume Bonnet et J. Bonnassieux. La Vierge sera donc réalisée par le sculpteur Joseph Fabisch. Elle mesure 5,60 m et pèse plus de 3 tonnes. Installée à plus de 300 mètres de hauteur, les bras ouverts, elle veille avec élégance et douceur sur la ville. En contrebas, on l’aperçoit même à plusieurs kilomètres, lorsque la feuille d’or dont elle est recouverte brille en plein soleil.

©ClaudeDevigne

Initialement, cette statue de la Vierge devait être inaugurée le 8 septembre 1852, en commémoration du vœu de la ville contre la peste. Mais les fortes précipitations ont pour conséquence l’inondation de l’atelier du fondeur et l’on se voit forcé de reporter la date au 8 décembre. La statue est mise en place à la date prévue, mais le mauvais temps est encore de la partie et les festivités prévues, tels que les feux d’artifices, ne peuvent avoir lieu. Spontanément, les Lyonnais, par dévotion, mettent alors des lampions à leurs fenêtres en profitant d’une accalmie dans la soirée. Ce geste est à l’origine des illuminations du 8 décembre. A la nuit tombée, ce 8 décembre 1852, la ville entière est illuminée. Les autorités religieuses suivent le mouvement et la chapelle de Fourvière apparaît alors dans la nuit.

Cette Vierge dorée est donc finalement inaugurée le 8 décembre 1852, date qui deviendra deux ans plus tard, la célébration de l’Immaculée Conception. Ce dogme signifie que Marie est née préservée du péché originel, et non pas qu’elle était vierge. 

La Fête des Lumières

Issu de la tradition du 8 décembre, la ville de Lyon organise sa première fête des Lumières en 1989.

D’abord sous forme d’illumination urbaine discrète, la fête prend rapidement des allures monumentales pour l’émerveillement de tous. Depuis 1999, elle dure 4 jours. Pendant cette période, plusieurs millions de personnes déambulent dans la ville. Le patrimoine bâti est sublimé, les places et jardins sont revisités grâce à des créations lumière innovantes.

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