|ZOOM SUR le Théâtre des Célestins|

Situé en retrait du tumulte de la Presqu'île, sur une place où il fait bon flâner, le théâtre des Célestins vaut le détour. Zoom sur son histoire...

La Presqu’île lyonnaise connut son heure de gloire au XIXème siècle avec le préfet Claude-Marius Vaïsse : percée des grandes artères de circulations, création des immeubles bourgeois aujourd’hui caractéristiques du quartier, etc. Le théâtre des Célestins a donc été installé dans ce nouveau quartier chic et bourgeois. 

Mais le site a connu une vie avant l’installation du théâtre. Une vie qui lui a d’ailleurs donné son nom…

Les Célestins 1407-1778

L’histoire du site commence au XIII° siècle avec l’installation des Templiers. Leur présence est d’ailleurs attestée par un document de 1208 mentionnant une transaction entre les Templiers, les habitants de Lyon et l’archevêque. Toutefois, aucun document ne mentionne depuis combien de temps ils étaient installées là. Leur commanderie occupe alors l’espace entre la rue du Port du Temple, la place Bellecour et les bords de Saône. Alors que les Templiers sont chassés de France, ceux de Lyon doivent partir en 1312. Les vestiges de leur commanderie ont d’ailleurs été découverts lors de la construction du parking souterrain en 1995.

En 1407, ce sont finalement les moines Célestins qui viennent s’y établir pour fonder l’abbaye Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à la suite de la donation de l’ancienne propriété par Amédée VIII, comte de Savoie.  L’Ordre des moines Célestins a été fondé en 1264, par Pierre de Moron, ermite italien sous l’appellation les “Frères du Saint-Esprit”. Ils furent appelés “les Célestins” du fait que leur fondateur, devenu pape en 1294, prit le nom de Célestin V. D’Italie, l’ordre se répandit en France dès 1300. C’est donc au début du XV° siècle que la construction du couvent des Célestins débute.

Le premier couvent des Célestins, dessin du XIX° siècle. Domaine public File:Martin - Histoire des églises et chapelles de Lyon, 1908.

Au cours du XV° siècle, constructions et reconstructions se succèdent. En effet, le couvent connaît trois incendies majeurs (en 1501, 1622 et 1744) qui ravagent tout ou partie des bâtiments. Les bâtiments durent donc être réédifiés trois fois. Après le troisième incendie, le couvent ainsi reconstruit est surnommé « le grand couvent ». Il ouvre donc en 1745 avec une église et son cloitre, un vaste jardin et plusieurs corps de logis : dortoir des malades, réfectoire, chapitre, cellules et bibliothèque.

Suppression du Couvent et premier Théâtre

Mais la réforme des ordres monastiques entraîne en 1778 la suppression du couvent. Le clos des Célestins est alors convoité pour être loti. Un plan d’urbanisation sera d’ailleurs confié à Jean-Antoine Morand qui créera, autour d’une place centrale, un théâtre et des immeubles comportant des commerces au rez-de-chaussée, qui complétaient les quatre bâtiments conservés avec leur façade sur le quai. Les jardins du couvent sont alors transformés en place. Le domaine s’ouvre également à la circulation et le monastère disparaît brutalement du paysage urbain.

Le théâtre des Variétés 1792-1871

C’est ainsi que la Société des Célestins, (renommée par la suite « Compagnie des Célestins »), créée en 1789, devait se charger de « l’établissement d’un jardin au centre des terrains des ci-devant Célestins, la construction de 17 maisons environnant ce jardin, la distribution et réparation du bâtiment claustral qui formerait 7 maisons particulières dans l’une desquelles serait construite une salle de spectacle ».

Un premier théâtre, appelé théâtre des Variétés, est donc inauguré le 9 avril 1792. Il a été édifié par les architectes Morand et Colson. 

Mais tout bascule en 1833: les propriétaires des Variétés sont en désaccord avec la Ville sur le montant du loyer. L’établissement ferme donc. La municipalité réagit alors en construisant une autre salle de spectacle, dite du Gymnase, sur la place Confort (actuelle place des Jacobins) qui accueillera le public jusqu’en 1840. Entre-temps, la Ville rachète le Théâtre des Variétés et l’ouvre à nouveau au public en 1838.

Mais en 1871, un incendie le détruit entièrement !

Le Théâtre actuel

L’architecte Gaspard André

À la suite d’un concours organisé en 1873, la Ville confie sa reconstruction à l’architecte lyonnais Gaspard André, grand architecte des débuts de la III° République.

Les contraintes sont nombreuses :

  • l’emplacement avait seulement 36m de largeur et 38m de profondeur
  • le théâtre devait accueillir 1250 places confortables pour les spectateurs et un orchestre de 50 musiciens.
  • la scène devait convenir «aux comédies, drames, fééries, opérettes, et autres genres analogues».

André fut le seul à proposer de repenser l’environnement du bâtiment. Conçu comme une salle à l’italienne, le Théâtre des Célestins ouvre ses portes le 1er août 1877.

1880: un nouvel incendie

Mais le sort s’acharne sur le bâtiment qui est à nouveau la proie des flammes dans la nuit du 25 au 26 mai 1880… D’après la légende, l’origine de l’incendie serait due aux pompiers présents dans le théâtre. Ils fêtaient le départ d’un de leur collègue (visiblement un peu trop). Gaspard André reconstruit le théâtre à l’identique. Il sera de nouveau inauguré en 1881. Le Théâtre est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1997.

Il fut le lieu de prédilection de nombreux artistes tels que Sarah Bernhardt, Jean Marais, Cécile Sorel ou encore Jean Cocteau. Il a attiré de nombreuses  personnalités amatrices d’arts dramatiques comme Napoléon.

Le théâtre des Célestins est l’un des seuls théâtres en France, avec la Comédie-Française et le théâtre de l’Odéon, à fêter plus de 200 ans d’art dramatique. Il peut accueillir 1030 spectateurs. Entièrement rénové entre 2003 et 2005, il est devenu l’un des Théâtres à l’Italienne les plus performants d’Europe. 

La Façade

Les pierres

Les façades du théâtre sont soulignées par l’emploi de pierres de tonalités différentes :

  • de la pierre de Barrière pour souligner les parties décorées du corps central ainsi que l’attique 
  • le reste est plus sobre avec de la pierre de Villebois pour le socle
  • la pierre de Tournus est utilisée pour les pavillons et les retours

Les sculptures

Les sculptures, moulures et trompe-l’œil abondent sur les façades, comme autant de marques de richesse. Ils sont caractéristiques du théâtre à l’italienne de la fin du XIX° siècle. La décoration joue alors un rôle important dans l’architecture de la façade : 

  • de hautes consoles à tête de lions soutiennent les balcons dont la courbe avait été plus aplatie,
  • l’ouverture des fenêtres et du péristyle est assurée par des grilles.
  • les frises de postes (ou frises avec des fleurs et des fruits) sont interrompues par les balcons et les culs de lampes ornés de tables de marbre où se trouvent les sculptures de la Comédie et de la Tragédie sculptées par Louis Auguste Roubaud. 
La Tragédie
La Comédie

Le premier étage

A l’étage noble (c’est-à-dire le premier étage), la décoration augmente: les ouvertures sont séparées par des colonnes ioniques soutenant des arcs pleins cintres. Ces derniers, quant à eux, sont ornés de bandes, de pirouettes et de perles. Des écoinçons portent les chiffres de Lyon. Les portes des balcons sont surmontées des bustes de Victor Hugo (Les Misérables), Alfred de Musset (On ne badine pas avec l’amour) et Augustin Eugène Scribe (le Somnambule). Ils représentent les trois genres que sont: le Drame, La Comédie et le Vaudeville. Ces trois sculptures peuvent indiquer la fonction du bâtiment. 

Victor Hugo

L’entablement et le fronton

Continuons à remonter la façade avec l’entablement. L’entablement est de style classique et continu, il précède une corniche à modillons qui soutiennent les chenaux en pierre de Calissandre. Au-dessus de cet entablement, se trouve l’attique. Il abrite sous un important larmier, des sculptures de putti ailés (anges qui symbolisent l’amour) jouant de la double flûte. Ce sont des personnages particulièrement appréciés dans l’art baroque.

Passons au fronton. Ce dernier présente le motif classique de deux sphinges entourant un masque. Leur dessin s’inspire de motifs de mosaïque antique. Enfin, le fronton est surmonté d’un vase entouré de sculptures de serpents.

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