|ZOOM SUR les Roseraies|

Qui n'a jamais aimé flâner dans un jardin en respirant le doux parfum des roses? Nombreux sont les jardins botaniques à présenter un espace qui leur est réservé. A Lyon, le parc de la Tête d’Or a l’originalité de présenter non pas une, mais trois roseraies dans des cadres divers et à l’intérêt spécifique. Zoom sur l'histoire de ces roseraies...

Constitution d’une collection hors norme

En 1805, alors que le Jardin des Plantes était encore situé sur les pentes de la Croix-Rousse, Joséphine de Beauharnais, première épouse de Napoléon Ier, fait don d’une collection de ses rosiers.

Dès lors, Lyon va entretenir une histoire particulière avec les roses:

  • c’est dans le quartier de la Guillotière que Jean-Baptiste Guillot créa « la France », le premier hybride de thé, apparu en 1867.
  • A Vénissieux, Joseph Pernet obtint, à la fin du XIXème siècle, la première rose jaune moderne « soleil d’or ». Quand la famille Pernet reçut les plus hautes distinctions à l’exposition d’horticulture de Paris en 1920 pour la rose jaune « souvenir de Claudius Pernet » (pernetiana à floraison continue), c’est toute la profession horticole lyonnaise qu’on honorait.

3 Roseraies

Aujourd’hui, le parc abrite 3 roseraies :

  • créée en 1930 : la roseraie « d’étude et de concours » à proximité de la place de Guignol : elle abrite de nouvelles variétés créées à l’occasion de concours de rosiéristes et, chaque année, le jury attribue le prix de la plus belle rose de France ;
  • créée en 1964: la grande roseraie internationale, située au niveau de la cité internationale, créée à partir de 1961 et inaugurée en 1964 comprenant 60.000 rosiers représentant les 320 variétés les plus fréquentes en France et à l’étranger. Elle s’étend sur 5 hectares.  C’est le siège de la Société française des roses. En mai 2006, la Ville de Lyon a reçu le label d’excellence à Osaka pour la Roseraie internationale, label dont bénéficient seulement 22 parcs dans le monde.
  • créée en 1858 et remaniée en 1980: la roseraie « historique » dans le Jardin botanique, avec 360 variétés sur 1.600 m², et permettant de retracer l’histoire de la culture des roses. Elle a été restaurée et inaugurée en 2015.

La roseraie historique 

La collection de roses du Jardin botanique débute en 1858. Elle se situe alors en périphérie des collections extérieures, à l’emplacement actuel des arbustes d’ornement. À son apogée, elle compte plus de 1.300 taxons.

Un secteur spécifique lui est ensuite dédié en 1980 : c’est la naissance de la Roseraie historique. Devenue vieillissante au fil des ans, il est décidé en 2013 de la restaurer complètement afin de la présenter sous son meilleur jour pour le Congrès mondial des roses de 2015.

La roseraie historique du Jardin botanique regroupe donc actuellement environ 360 variétés, nombre volontairement restreint afin que chaque rosier se développe au mieux, sur 1.600m². Elle a pour objectif de retracer l’histoire de la domestication de la rose depuis les rosiers « sauvages » jusqu’aux hybrides modernes, et de conserver ce riche patrimoine lyonnais. Elle est divisée en 3 parties :

  • les rosiers européens : allant de l’Antiquité au XVIIIème siècle, présentant la première génération de roses domestiquées en Europe,
  • les rosiers d’Extrême-Orient : hybrides issus de croisements au XVIIIème siècle entre des espèces européennes et asiatiques, présentant le caractère « remontant » (plusieurs floraisons la même année),
  • les rosiers hybrides modernes : avec notamment les rosiers hybrides de thé dont le premier, ‘La France’, marque le début de l’âge d’or de la culture de la rose à Lyon.

La Roseraie de concours

C’est en 1930 que fut créée au Parc de la Tête d’Or la roseraie d’essais, dite aujourd’hui roseraie de concours, pour les besoins du concours de la plus belle rose de France.

Elle se situe au centre du Parc, près du bâtiment « chalet » des gardes. Philibert Lavenir, paysagiste lyonnais de grande renommée, maître de l’art paysager, élève d’Édouard André, dessine et supervise les travaux de cette petite roseraie qui constitue à elle seule un véritable bijou. Elle est entourée d’une pergola garnie de rosiers sarmenteux dans la grande tradition française. Les roses sont présentées en demi-cercle adossé à l’ancienne ferme de la Tête-d’Or.

Pourtant Lavenir avait créé un projet bien plus ambitieux : situé au confluent, un vaste jardin aurait formé un écrin à la roseraie tant réclamée par la Société Française des Roses dont le siège est au parc de la Tête d’Or. Mais cette proposition ne fut pas retenue.

Chaque année, en juin, la Société Française des Roses organise sur ce site le « Concours international de Roses nouvelles » au cours duquel est décerné, entre autre, le prix de la « Plus belle Rose de France ». Ainsi une quinzaine d’obtenteurs de roses nouvelles fournissent, chaque année, 5 plants de rosiers par cultivar plantés, observés et notés durant deux années par un jury composé à la fois de professionnels de l’horticulture et d’amateurs éclairés. Ces mêmes obtenteurs que l’on retrouvera dans d’autres concours (Paris-Bagatelle, Genève) viennent ici pour comparer leurs nouvelles « créations» avec celles de leurs collègues européens : c’est une véritable compétition.

La Grande Roseraie Internationale

C’est en 1960, sous l’impulsion de Louis Pradel (1906-1976), maire de Lyon, que la Roseraie Internationale de Lyon a été créée.  La tradition veut que Louis Pradel ait rencontré le pépiniériste orléanais Raymond Chenault lors du concours de la plus belle rose de France en 1956. Ce dernier aurait persuadé le maire de créer une roseraie digne du passé et du prestige de la vile. Cette heureuse suggestion est devenue « la grande roseraie » aussi appelée « roseraie internationale ».

Cette roseraie a été dessinée par M. Chabert en 1961, alors directeur du service des cultures. Il fallut quatre ans de travaux pour réaliser ce vaste chantier. Messieurs Chabert, directeur du service des espaces verts, Rougis Adjoint technique et Arnaudon, ingénieur subdivisionnaire ont été les réalisateurs de cette œuvre magnifique ayant acquis une solide réputation sur les 5 continents.

La Roseraie occupe une superficie de 5 hectares avec une ouverture de 200 mètres sur le lac entouré d’arbres très âgés. Elle est située dans le Parc de la Tête d’Or, entre le lac artificiel et le quai Achille Lignon qui dessert les bâtiments de la Cité Internationale. Ce site a été retenu pour les raisons suivantes :

  • Une grande prairie était disponible,
  • Ce lieu était peu fréquenté par les visiteurs,
  • De très beaux arbres servaient d’écran le long du quai,
  • On ne brisait aucune perspective,
  • On bénéficiait de celle du lac.

C’est un « jardin de roses » de style irrégulier, mi-anglais, mi-moderne. Son originalité est de présenter la rose, non plus en individualité, mais en masses.

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