|ZOOM SUR: l’histoire du quartier Perrache|

Perrache.... la gare, le quartier.... Longtemps synonyme de lieu de perdition, ce quartier gagné sur les eaux a pourtant été voulu par les humains. Zoom sur l'histoire d'un quartier pas banal qui vous ravira en team building, en famille ou pour un EVJF/EVG !

Aujourd’hui, le quartier Perrache fusionne avec le quartier Confluence. Ils vivent ensemble la profonde réhabilitation urbaine qui y est en cours. Pourtant il y a encore 30 ans, le quartier Perrache était à l’abandon. Délaissé. Désœuvré. Aujourd’hui, il se trouve redynamisé. Et il regagne ainsi la modernité qui l’a impulsé il y a bien des siècles. Revenons donc sur la naissance de ce quartier…

Un quartier les pieds dans l’eau

Nous débutons notre histoire au XVII° siècle. Jusqu´au milieu de ce siècle, pour vous promener au confluent du Rhône et de la Saône, il vous suffisait de vous rendre à l’abbaye d’Ainay. Au-delà, Rhône et Saône dessinaient plusieurs îles, aux contours changeants, régulièrement submergées par les crues. Préoccupés par l’exiguïté de la ville, les politiques lyonnais cherchent à agrandir la ville vers le sud. Cela nécessitait donc de stabiliser le cours du Rhône afin de gagner des terrains constructibles sur les terres marécageuses. Un projet d’envergure donc…

Confluence avant Confluence
Plan géométral de l'isle Mogniat avec une partie de la ville © Archives municipales de Lyon, © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel

Le premier projet : la cité administrative de Jules Hardouin Mansart, 1677

C’est à l’architecte favori de Louis XIV, Jules Hardouin Mansart, que nous devons le tout premier projet d’agrandissement de la ville au sud. Mansart l’adresse au gouverneur de Lyon – le marquis de Villeroy – le 16 septembre 1677. Son idée? Créer, par un réaménagement complet du confluent, un nouvel espace qui prolongerait la ville. Son plan est particulièrement ambitieux. Mais ce projet n’a jamais eu de suite. sans doute du fait que les finances de la ville n’étaient pas suffisamment élevées pour entreprendre un projet de cet ordre. Mais aussi parce que le niveau technique requis pour sa mise en œuvre a pu effrayé les responsables lyonnais.

Contenu du projet

L’architecte projetait en effet de créer un nouveau territoire au sud de la Presqu’île par le rattachement de l’île Mogniat via le comblement d’un bras du Rhône. Il est particulièrement intéressant de constater que cette solution est aussi à l’origine du projet Perrache presque cent ans plus tard, comme nous le verrons plus loin.

L’espace ainsi créé aurait été un vaste carré régulier de 620 mètres de coté. Mansart voulait y implanter une Cité Administrative particulièrement luxueuse, intégrée à un jardin compartimenté et articulé autour d’un immense bassin muni de jets d’eau. 17 jeux d’eau et cascades sont ainsi prévus dans les jardins et les larges allées. Leur l’alimentation devait être effectuée intégralement par l’intermédiaire d’une machine hydraulique permettant d’élever l’eau du Rhône. L’ensemble devait être entouré d’une vaste cour de 50 mètres de large, plantée de six rangées d’arbres et l’accès à la zone faite par des escaliers monumentaux sur trois côtés du quadrilatère.

Le jardin à la française et les édifices monumentaux projetés par Mansart auraient, s’ils avaient été réalisés, donné au confluent une allure de « petit Versailles » et auraient ainsi monumentalisé cet espace de façon sans doute définitive. Une réalisation de cette envergure du point de vue technique et à une date si précoce aurait marqué profondément la ville du point de vue du prestige. Elle aurait été également à l’origine d’un déplacement artificiel de son centre vers Bellecour et le confluent, mais n’aurait pas répondu aux attentes de la ville car elle ne proposait pas de solution quant à la construction d’habitat nouveau.

Projet d'une cité administrative / Mansard © Région Rhône-Alpes, Inventaire général du patrimoine culturel,

Le plan d’agrandissement de la ville par Michel Antoine Perrache, 1769

Après bien des aléas et,a minima, trois autres projets moins ambitieux, l’ingénieur Michel-Antoine Perrache se lance dans l’aventure. Il débute par un assèchement et le remblaiement des lônes (bras du fleuve) pour agréger le chapelet d’îles et étendre Lyon au sud. Ce projet présenté en 1766 (refusé) puis en 1769, sera finalement approuvé par lettres patentes du roi Louis XV.

Perrache est audacieux : afin de déplacer le confluent Rhône-Saône plus au sud, les remparts d’Ainay sont détruits, et la superficie de la presqu’île existante sera doublée grâce à un pont-digue qui la raccordera à quelques îles proches, notamment l’île Moniat (voir la carte ci-dessous). 

Vue en perspective de l'agrandissement de la ville. Gravure d’Aimé de La Roche d’après un dessin d’Antoine-Michel Perrache, 1770. © musées Gadagne

Un premier plan en 1766

Un premier plan est présenté par Perrache au Consulat le 1er mai 1766. Son principe? Jeter une chaussée en ligne droite du quai de la Charité jusqu’à un pont projeté à la Mulatière. L’ancien espace occupé par le confluent abrite un vaste bassin recevant les eaux des deux cours d’eau. Il fait à la fois office de gare d’eau et de limite à la ville.

Le remblai prévu par Perrache permet de créer un canal de communication entre les deux cours d’eau à la hauteur de l’actuelle gare de Perrache, ainsi qu’un canal nord-sud qui alimenterait plusieurs moulins à blé. Par ce procédé, Perrache entend donc assurer l’approvisionnement en blé de la ville sans gêner la navigation. Il propose également le moyen de réaliser la grande route royale du Languedoc. Le tracé suivrait la rive gauche du Rhône avec un pont à la hauteur de la Mulatière pour franchir la Saône.  Enfin, il assure, sur des terrains nouveaux, divers entrepôts qui font défaut à la ville et prévoit des bains publics.

Sans doute trop ambitieux, ce projet est refusé. La ville craint que les crues des deux cours d’eau n’entravent les travaux et les rendent trop dispendieux, sans que la Ville n’en tire les bénéfices escomptés. Surtout, ce projet entre directement en concurrence avec celui de l’administration des hospices civils qui envisage d’établir des moulins à la Tête d´Or ; il est refusé le 26 juin 1766.

Le deuxième plan en 1769

Perrache présente en 1769 un deuxième plan. Celui-ci profite de l’appui royal et du concours de Soufflot qui bénéficie alors d’un grand prestige. Ce second projet se base sur le premier. Mais le changement principal est la substitution du découpage irrégulier des rues par un tracé orthogonal rationnel prolongeant les axes existants de la ville.

Ce plan est adopté le 4 janvier 1770. Des lettres patentes du 13 octobre 1770 autorisent le démarrage du chantier. La fondation de « la compagnie Perrache » intervient en 1771. Il s’agit d’une des premières sociétés par action de la région à laquelle participent des notables lyonnais et de l’entourage du Roi, ainsi que des financiers attirés par l’entreprise dont le but spéculatif semble sans risques.

Travaux et naissance du quartier

Ce chantier gigantesque débute en 1772 avec le détournement du lit du Rhône. Il dure près de sept décennies, ralenti par maints rebondissements, ruines, épidémies, désaccords et troubles politiques. En 1840, le quartier Perrache était né. Il accueille alors les activités industrielles de la cité et les services municipaux comme la gare Perrache (1857), le Port Rambaud pour le stockage et le transit de marchandises ou encore, les prisons.

Enquêtez dans le quartier Perrache

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