|ZOOM SUR: l’Hôtel-Dieu|

L’Hôtel-Dieu… sa façade marquante sur les quais du Rhône, son dôme, sa longue histoire hospitalière, sa rénovation mouvementée… Zoom sur tous ces éléments!

Apparition des premiers hôtel-dieu

Quand et pourquoi les premiers hôtel-dieu sont créés restent aujourd’hui incertain. Ils avaient sans nul doute déjà une fonction hospitalière, mais ils accueillaient également les pèlerins et voyageurs. Sous gestion religieuse, les hôtel-dieu prenaient soin tant des corps que des âmes. 

Ils étaient généralement installés directement au cœur des villes. Mais trop souvent, ces établissements étaient des foyers d’infection et de contagion, les malades étant souvent trois voire même quatre par lit !

Fondation du premier hôtel-dieu à Lyon

 

En 542, de passage à Lyon, le roi mérovingien, Childebert, fils de Clovis, et son épouse Ultrogothe, décidèrent d’y fonder un hôpital pour accueillir les pauvres hères et les indigents. Ce premier hôtel-dieu se situait sur les bords de la Saône, dans le quartier Saint-Paul.

L’implantation sur le site actuel

Ce n’est que six siècles plus tard que l’Hôtel-Dieu allait quitter le Vieux Lyon pour s’installer sur la rive droite du Rhône,  à son emplacement actuel,  Il se nommait alors « hôpital du Pont du Rhosne ». Cet hôpital avait une activité réduite jusqu’à l’apparition de la Peste Noire qui ravagea toute l’Europe à partir de 1478.

A cette date, les religieux qui gèrent l’établissement décident de se dessaisir de l’hôpital qu’ils vendent alors aux échevins de Lyon, c’est-à-dire à la Ville. Ce n’était là que pure formalité, car les échevins étaient déjà en charge de l’activité de l’hôpital depuis 1334.

Rabelais, médecin à Lyon

François Rabelais… à l’évocation de ce nom, ce sont ses talents littéraires qui nous viennent à l’esprit. Pourtant, Rabelais est nommé médecin à l’Hôtel-Dieu en novembre 1532. Il reste dans les souvenirs comme un bon médecin, attentif aux malades. Il redécouvre deux instruments de chirurgie antique, oubliés pendant le Moyen-âge :  un syringotome pour débrider les hernies  et un glottocomon pour réduire les fractures du bassin.

En février 1535, 27 mois après son arrivée, il quitte précipitamment la ville et son poste : face à la montée du protestantisme, traité par Calvin de “pourceau libertin”, il ne se sent plus en sécurité dans cette ville où il se nommait pourtant lui-même « Lyonnais de cœur ». Mais il a pris soin de se faire remplacer par des confrères.

Pour autant, il est souvent signalé pour ses absences répétées et non justifiées. La légende raconte qu’il préférait fréquenter les imprimeries lyonnaises pour publier Gargantua et Pantagruel.

Le XVIII° siècle, Soufflot et un nouvel élan pour l’Hôtel-Dieu

Ce n’est qu’au XVIII° siècle que l’Hôtel-Dieu prend la forme que l’on lui connaît aujourd’hui grâce à l’un des plus grands architectes français néoclassiques de l’époque : Jacques Germain Soufflot. Agé de 28 ans, il propose les plans de cet édifice doté d’un corps central avec son grand dôme prolongé de chaque côté par des bâtiments en pierre de taille.

La reconstruction terminée, cet hôpital devient donc un haut lieu de la médecine. Lyon devient une ville reconnue pour sa charité et sa pratique dans le domaine de la santé, en témoigne la création d’un autre hôpital qui voit le jour pas très loin de l’Hôtel Dieu, l’Hôpital de la Charité.

De l’hôpital au grand projet de reconversion

Au milieu des années 2000, les Hospices Civils de Lyon entament une reconversion complète de l’Hôtel-Dieu. De 2007 à 2010, l’ensemble des services médicaux et hospitaliers présents sur le site de l’Hôtel Dieu sont peu à peu transférés vers d’autres sites de l’agglomération : le dernier service fermera ses portes le 18 octobre 2010, tournant ainsi la page à 800 ans d’histoire autour de la vocation médicale du lieu.

Dans cet ancien hôpital classé monument historique, la Ville a établi  un complexe mixte de bureaux, commerces, hôtel… en respectant l’authenticité des bâtiments. 

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