|ZOOM SUR: le lac du Parc de la Tête d’Or|

Il est sans aucun doute l'un des éléments les plus réputés du parc de la Tête d'Or: le lac! Mais connaissez-vous son histoire? Savez-vous ce qui se cache dans ses fonds? Aujourd'hui, Lyon Secret Défense zoome sur l'un des lacs préférés des Lyonnais!

Situation

Sur le plan ci-dessous dressé pour l’exposition universelle de 1894, le lac apparaît très clairement. Sa superficie de  17 hectares saute aux yeux (le parc couvre lui 117 hectares incluant le lac).

Plan pour l'Exposition universelle de 1894

Le lac joue un rôle essentiel dans la composition et l’organisation de l’espace prévu par Denis Bühler. Dans le projet adressé au préfet Vaïsse le 29 octobre 1856, l’intérêt du lac est évident : « la scène principale de la composition est une vaste pièce d’eau vers laquelle viennent s’incliner de tous côtés les terrains du parc, dont les ondulations seront convenablement aménagées. »

Description et alimentation

Ce lac artificiel d’une profondeur d’1,25m est agrémenté de quatre îles artificielles également. On estime à près d’un million de mètres cubes le volume des déblais dégagé pour le creusement de ce lac.

Le lac est d’abord alimenté par les eaux du Rhône arrivant par un canal qui se sépare en 2 bras après le pont de la cascade. Une grotte en rocaille, dans la tradition de l’époque, fut construite en 1861 au niveau de l’arrivée d’eau. Cet approvisionnement en eau donna satisfaction un temps. Mais la baisse de son niveau entraîne de nombreux travaux. Dès 1899, une commission fait état du problème d’assainissement du lac. Son curage est impossible du fait de la fragilité du colmatage des graviers qui maintient l’étanchéité du fond. Jusqu’en 1955, le lac n’existe plus qu’aux seules périodes de crue du Rhône et le centenaire du parc est fêté devant une flaque d’eau affligeante.

La solution retenue est celle encore utilisée aujourd’hui : le creusement d’un puits avec la création d’une station de pompage. Ainsi dès 1958, les Lyonnais retrouvent le plaisir du canotage.

Les Iles

Dans la partie nord du lac émergent deux îles arborées :

  • l’île des Tamaris, seulement accessible en barque,
  • l’île du Souvenir sur laquelle est érigé un mémorial. Anciennement appelée île des cygnes, elle a été transformée sur les plans de l’architecte lyonnais Tony Garnier et du sculpteur Jean-Baptiste Larrivé grand prix de Rome en 1904, afin d’honorer les 600 militaires lyonnais morts au combat pendant la Première Guerre Mondiale. Les noms des soldats sont gravés sur les pans extérieurs des murs. En 1932, un couloir souterrain est créé pour accéder à cette île, l’escalier qui y mène plongeant littéralement sous le lac.

Sur les abords du lac existent deux autres « îles » qui ne font pas réellement partie du lac :

  • l’île Gandhi et ses passerelles au style exotique et pittoresque ;
  • la Grande Île constituée par le site arboré du vélodrome et son Belvédère : un bras d’eau en fait le tour franchissable d’un côté par un pont rocaille, de l’autre par le Pont Suisse, un pont couvert. Elle est la plus grande des 4 îles.

L’activité de Canotage

Denis Bühler rédige le règlement de canotage dans les moindres détails. Il propose d’en confier la gestion au gérant du chalet. Parmi les règles :

  • La location doit se faire à l’heure afin que la population ouvrière puisse profiter de ce plaisir les dimanches
  • Le canotage doit être interdit à 20m du bord pour ne pas tourmenter les oiseaux
  • L’administration pourra se réserver le droit de retirer les permissions à sa volonté attendu que certains jeunes gens pourraient amener des femmes de plus ou moins bonne tenue

Suivent des recommandations de baignade, de qualité et d’emplacement des bouées et du problème de la pêche, d’interdiction de baignade. (Lettre de Bühler à Bonnet, 14 janvier 1859). Denis Bühler est un homme de précisions et d’organisation : il conseille pour la forme et l’emplacement de l’embarcadère, l’abri des bateaux en hiver, le coût de la location, le coût du bail du gérant.

C’est en 1861 que l’activité de canotage débute sur le lac. Il faudra attendre 1913 pour que soit construit un embarcadère sur le lac.

Exploration du lac en 2020 

En 2020, Odysseus 3.1 s’est lancé dans une grande exploration du lac du parc de la Tête d’Or, afin d’en connaître la faune et la flore. 

Odysseus 3.1, association lyonnaise spécialisée dans la préservation de la nature, a donc exploré le lac du parc de la Tête d’Or du 4 au 6 juin depuis l’île du Souvenir. Le but ? Révéler une nature riche d’une biodiversité insoupçonnée en plein cœur de Lyon. Cette plongée était une première depuis 160 ans.

Durant deux jours, une mission d’étude scientifique a été  menée par de nombreux chercheurs avec pour objectifs d’explorer les fonds du lac, d’établir une cartographie, et enfin de référencer les espèces présentes sur les rives.

Les clichés ont été mis en ligne par l’association. Et ils sont époustouflants ! Ils dévoilent une perche du soleil, une écrevisse de Louisiane, une tortue de Floride, des black-bass et… des silures. « Pour notre première plongée, nous avons fait une balade autour de l’île aux souvenirs. C’est très riche en poissons : nous avons vu une quinzaine de silures, les plus gros faisant 1,5 mètre, mais aussi des brochets, des carpes, beaucoup d’alevins, mais aussi des écrevisses et des tortues« , racontait au Progrès, Lionel Rard, fondateur d’Odysseus, le 4 juin, premier jour de cette plongée au fond du lac du parc de la Tête d’Or.

Des images du lac depuis le ciel lyonnais ont également été captées par un drone et permettent de découvrir le parc de la Tête d’Or sous un nouvel angle. Là encore, ces prises de vue sont splendides.

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