|ZOOM SUR le jardin archéologique|

Situé sur le flanc nord de la grande et puissante cathédrale Saint-Jean dans le Vieux Lyon, le Jardin archéologique est bien plus discret mais son importance historique est réelle. Zoom sur un oublié du Vieux Lyon.

Pour comprendre la genèse de la cathédrale Saint-Jean et des bâtiments qui l’entouraient, une visite du jardin archéologique s’impose . En effet, pendant tout le Moyen-âge, le groupe épiscopal (c’est-à-dire sous les ordres de l’évêque, chef de la cathédrale) comportait:

  • la cathédrale
  • le baptistère Saint-Etienne
  • l’église Sainte-Croix.

Ce n’était donc pas une, mais trois églises qui se tenaient là.

Contexte de Fouilles

En 1971, un projet d’extension du Palais de Justice du Vieux Lyon voit le jour. Afin de procéder aux travaux, des immeubles situés dans le périmètre immédiat sont détruits et c’est alors que des vestiges plus anciens font leur apparition. Pour les sauvegarder, des fouilles sont lancées entre 1972 et 1977. Des vestiges de différentes époques allant du Ier siècle de notre ère au XVIème siècle sont mis au jour. Il s’agit des vestiges du groupe épiscopal primitif de Lyon, composé de trois églises :

  • Saint-Jean au Sud, située en lieu et place de la cathédrale actuelle, avec une emprise toutefois moins importante.
  • le baptistère qui deviendra l’église Saint-Etienne au centre.
  • l’Église Sainte-Croix au Nord.

Leurs vestiges sont d’une telle ampleur pour l’histoire de la Ville, que la Mairie décide de racheter les terrains pour créer un parc archéologique exposant les découvertes. Le jardin est classé monument historique en 1986. Il présente l’élévation, partiellement conservée de la nef et de l’abside de Sainte-Croix ainsi que le baptistère Saint-Etienne avec sa cuve primitive.

Histoire du groupe épiscopal

A partir du IV° siècle, l’histoire du quartier est intimement liée à l’histoire de la Chrétienté ; c’est à cette date que l’on trouve les premières traces de l’église Saint-Jean, de la salle de réception nord (future église Sainte-Croix) et du baptistère Saint-Etienne avec sa grande cuve. L’ensemble se met en place, protégé des crues de la Saône par un double mur parallèle à la rivière. Dégagé sur une longueur de plus de 30 m, entre le chevet de la Cathédrale et le Palais de Justice, ce mur pourrait aussi correspondre au mur d’enceinte de la ville basse, dont il serait alors l’unique trace.

Trois églises, trois fonctions

S’il y eut trois églises, c’est que les besoins religieux le justifiaient :

  • l’église saint Jean était la cathédrale de l’évêque,
  • Saint-Etienne était l’église du baptême,
  • la troisième, Sainte-Croix, était l’église des fidèles.

Evolution

Chacun de ces édifices sera remplacé par la suite:

  • le baptistère deviendra au XIème siècle l’église des chanoines,
  • l’église Saint-Jean Baptiste au XIIème siècle devient l’actuelle cathédrale Saint-Jean
  • la salle de l’évêque à l’époque carolingienne devient l’église Sainte-Croix.

Sous le règne de Charlemagne, l’évêque Leidrade remit en état les trois églises. Les églises Saint-Etienne et Sainte-Croix ont été plusieurs fois agrandies avant leur destruction sous la Révolution.

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